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domenica 8 febbraio 2026

La privatizzazione olimpica vista da oltrefrontiera

 Qui sotto l’articolo che un buon giornale di cronaca francese di quelli che hanno ancora giornalisti che vanno sul terreno, Le parisien, ha dato della vicenda di Riccardo Zuccolotto, il bambino costretto a scendere dall’autobus probabilmente PRIVATIZZATO - giacché questo non si dice MAI - della ditta Linea … (anziché Dolomiti bus come sarebbe stato normale), perché non aveva il biglietto speciale per il periodo delle Olimpiadi da 10(!) Euro anziché quello normale da 2,50. Riccardo, undici anni, senza vestiti adeguati, ha dovuto fare a piedi nella neve sei chilometri da San Vito, dove ci sono le scuole, a Vodo di Cadore, arrivando a casa con il buio. 

È molto facile dare la colpa all’autista foresto, che certo non ha mostrato un gran discernimento, e probabilmente se l’è presa con il bersaglio più debole e quindi più facile. Ma il punto è un altro: questi voraci sciacalli delle linee private, che impiegano persone avventizie e precarie, danno probabilmente consegne severissime, e gli autisti, con scarsi legami con il territorio e la sua gente, ubbidiscono per ignoranza e per paura di ritorsioni. 

Il secondo obbrobrio è la sola idea di far pagare il quadruplo i residenti per il periodo olimpico. Ma sennò il privato, bello, bravo, efficiente e che dà lavoro facendo profitto e premiando il merito, come avrebbe fatto a riempirsi le tasche in modo adeguato? E poi fare i controlli costa, ci vuole tempo, e qualcuno pagato per farli: quindi, meno profitti.

Quindi più semplice e più conveniente far pagare tutti allo stesso modo. E poi dieci euro a corsa, si capisce, incentivano l’uso del mezzo pubblico, la riduzione delle emissioni e la lotta al cambiamento climatico che ci sta taaaanto a cuore, ovvio.

Stavolta solo lo scandalo olimpico ha permesso che i residenti riuscissero a far abolire l’aumento di prezzo  per sé stessi. Ma se Riccardo non avesse dovuto fare sei km nella neve e la sua mamma non avesse avuto i mezzi per far arrivare la vicenda sui giornali, e la sua nonna non fosse avvocato, avrebbero continuato a dover pagare il quadruplo.

Naturalmente chi ha chiesto la privatizzazione dei servizi pubblici è la UE, e lo spregevole Draghi nel 2011 si è fatto latore, tra molte altre portatrici di miseria, anche di questa richiesta. 

La privatizzazione di qualsiasi cosa, la riduzione di qualsiasi servizio, significano solo una cosa: costi maggiori per le fasce medio basse di reddito - diciamo sotto i 50mila lordi l’anno - altro che risparmi per lo Stato. Con buona pace dei benpensanti ululanti al debitopuuuuubblicoooooo.

Une sale journée et un chemin de croix de 6 km dans la neige achevé en état d’hypothermie qui se terminent sous les caméras du monde entier. Derrière ses lunettes et ses boucles blondes, Riccardo, 11 ans, ne mesure toujours pas qu’une triste et banale affaire de tickets de bus vient d’avoir une résonance internationale en raison de l’organisation des Jeux olympiques de Cortina (6-22 février).

Le timide collégien italien originaire de Vodo di Cadore, un petit village de 800 âmes en dessous de la station hôte de la 25e olympiade hivernale, se cache derrière sa mère quand on l’interroge sur les événements qui ont conduit les médias à s’intéresser à sa marche forcée dans la neige à la sortie du collège, après le refus d’un chauffeur de bus de le redescendre dans la vallée. « Mes copains ne croient pas que j’ai pu parcourir à pied tout ce chemin », glisse-t-il en se tortillant. Avant de se lover au chaud dans le confortable canapé familial, l’adolescent prend congé, « fatigué » de cette histoire et de cette journée.

C’est sa mère Sole Vatalaro qui prend le relais dans le récit. La jeune femme de 38 ans a ouvert il y a deux ans la clinique vétérinaire au cœur du village. Le fameux 27 janvier, elle est bloquée en salle d’opération. « D’habitude d’un coup de voiture, je monte le chercher. Mais ce jour-là, c’était impossible. » Riccardo se rabat donc sur la solution du bus et la ligne numéro 30 opérée par la compagnie locale Dolomiti Bus.

Sole, la mère de Riccardo, exhibe les tickets de bus qu'elle avait acheté pour son fils : «On m’avait dit qu’ils étaient valables toute l’année quelque soit les circonstances», précise-t-elle. LP/Valeria Dragoni
Sole, la mère de Riccardo, exhibe les tickets de bus qu'elle avait acheté pour son fils : «On m’avait dit qu’ils étaient valables toute l’année quelque soit les circonstances», précise-t-elle. LP/Valeria Dragoni

« Il monte dedans, décrit Sole, s’apprête à composter son ticket mais le chauffeur lui dit qu’il n’est pas valable car il existe désormais des tickets à 10 € pour toute la durée des Jeux olympiques. Il lui demande donc de descendre et de continuer à pied. » Ses amis titulaires, d’un abonnement à l’année s’enfoncent vers le fond du bus et voient Riccardo et ses tickets à l’unité poursuivre, seul, à pied. Sur la table de la cuisine, la mère étale les tickets que l’adolescent a présentés avant de se faire éconduire. « Quand je les ai achetés, on m’avait dit qu’ils étaient valables toute l’année quelque soit les circonstances. »

VidéoLa mésaventure de Riccardo, 11 ans, obligé de marcher 6 km dans la neige à cause des JO

En nous raccompagnant sur le pas de la porte de l’appartement familial, la mère pointe du doigt le chemin en surplomb par lequel Riccardo a fini par arriver. « En fait pour ne pas avoir à marcher au bord de la route et s’éloigner des voitures, il a emprunté la piste cyclable. On la connaît bien pour la prendre en roller ou à vélo au printemps avec sa sœur. » Mais il neige abondamment sur la vallée ce jour-là. Et la piste cyclable est recouverte d’un épais manteau blanc.

Ces bottes étaient de vraies éponges

« J’étais très inquiète de ne pas le voir. J’ai fait la route en voiture mais je ne l’ai pas trouvé. J’ai aussi pensé que le bus n’était pas passé ou ne s’était pas arrêté, échafaude Sole. Et puis je l’ai vu arriver, vers 18 heures. » La maman quitte la cuisine familiale alors que se dessinent à travers les fenêtres les spectaculaires aiguilles des Dolomites et revient avec entre les mains les bottes fourrées prisées des adolescents que Riccardo portait lors de sa marche forcée. « Elles sont pratiques pour ne pas avoir froid en cours et marcher quelques centaines de mètres pour attraper le bus, convient Sole Vatalaro. Mais au bout de 6 km dans la neige fraîche, elles deviennent de véritables éponges. »

Sole Vatalaro montre le chemin par lequel Riccardo a fini par arriver après sa marche de  6 km dans la neige. LP/Valeria Dragoni
Sole Vatalaro montre le chemin par lequel Riccardo a fini par arriver après sa marche de 6 km dans la neige. LP/Valeria Dragoni

« Au début, ça se passait bien mais quand la nuit est arrivée et que les températures baissaient, j’ai commencé à me sentir mal. À la fin, je voulais juste rentrer », nous confie le garçon.

« Quand il est arrivé, il tremblait, il était tout blanc, les lèvres bleues, les mains toutes rouges. Et le pantalon en jean totalement trempé », se rappelle la maman. Cette dernière affirme même avoir pris sa température corporelle : 35,4 °C, signe d’une hypothermie. Une information impossible à vérifier faute d’avoir pu consulter un document l’attestant.

Une fois réchauffé à coups de bouillottes et de multiples couches de couvertures, la fâcheuse mésaventure de l’adolescent transalpin aurait pu en rester là. Mais Sole a décidé de porter plainte contre la compagnie de bus et de médiatiser l’affaire dans un journal local. L’information fait boule de neige auprès des confrères transalpins et étrangers qui s’emparent de la marche forcée de Riccardo à quelques jours du début des JO.

Le chauffeur a reconnu avoir commis une erreur

Cinq jours après la mésaventure de son fils, Sole a rencontré le chauffeur intransigeant. Dolomiti Bus a commencé par suspendre, Salvatore Russotto, originaire du sud de la péninsule et devenu depuis la cible de remarques acerbes sur les réseaux sociaux. « Il a reconnu avoir commis une erreur et qu’il aurait dû laisser l’enfant rester à bord. Il m’a aussi expliqué le contexte d’une journée difficile avec beaucoup de neige sur la route ce qui l’a rendu nerveux. Et des usagers pas toujours sympathiques avec lui. » Des explications qui n’empêchent pas Sole d’aller jusqu’au bout de sa plainte judiciaire même si elle se dit un peu dépassée par l’ampleur prise par l’affaire qui selon elle aurait dû « rester cantonnée à la province de Belluno ».

À quelques jours du début des Jeux, dont l’organisation a par ailleurs beaucoup impacté la vallée, l’affaire a pris une telle dimension qu’il ne faut pas longtemps pour délier les langues des habitants de San Vito, le village d’implantation du collège. Une maman interrogée devant l’établissement s’étonne qu’un enfant du cru n’ait pas « l’habitude de marcher dans la neige. Il faut juste s’équiper correctement. Je ne comprends pas l’ampleur qu’a pris cette histoire ». « C’est un malentendu de la part du chauffeur, argue de son côté Raffaella, une autre maman. L’enfant n’a pas eu le courage de s’opposer à lui. Mais 6 km dans le noir, je peux comprendre que ça pose question. »

L’affaire du bus aura permis aux habitants de la province de Belluno de mettre fin à la tarification olympique. « La bonne nouvelle, c’est que Riccardo va bien, il s’en est remis, se félicite Sole Vatalaro. Et puis pour les habitants, on est revenu au tarif normal valable toute l’année. Il était injuste qu’une vieille dame qui va chez le médecin ou qu’un enfant qui va à l’école, doive payer 10 € pour parcourir quelques kilomètres. »

Après l'incident avec Riccardo, la compagnie de bus Dolomiti Bus a rétabli le tarif habituel. LP / Valeria Dragoni
Après l'incident avec Riccardo, la compagnie de bus Dolomiti Bus a rétabli le tarif habituel. LP / Valeria Dragoni

Ému par le sort de Riccardo et (sans doute aussi) pour éviter la mauvaise publicité pour la compétition internationale autour de ce fâcheux événement, le président du comité olympique italien (Coni) a appelé Sole Vatalaro, la mère de Riccardo, pour lui annoncer la bonne nouvelle. « Giovanni Malagò nous a invités à assister à la cérémonie d’ouverture (ce vendredi). Riccardo est ravi, car il est skieur et les JO sont très importants ici. C’est un beau cadeau auquel nous ne nous attendions pas, et je suis heureuse de le voir si heureux et enthousiaste. C’est une belle opportunité dont il se souviendra toute sa vie. »

La famille ayant signé une clause de confidentialité avec le Coni, on ne connaîtra le véritable rôle qu’occupera le jeune Riccardo qu’au moment de la cérémonie d’ouverture.